Sourds Historiques - Union des Sourds et des Malentendants du Bas-Rhin

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Sourds Historiques

Histoire des Sourds


Pierre Desloges (1747-~1792), relieur à Paris, écrit, en 1779, un livre qui décrit la langue pratiquée par la communauté sourde de Paris.
Ses propos font penser qu’une communauté de Sourds existait déjà à Paris,
bien avant
la création de l’Institution de l’abbé de l’Epée.
Grâce à
l’abbé Sicard (1742-1822), directeur de l’institut des jeunes Sourds de Paris,
puis à
Auguste Bébian (1789-1839), censeur des études,
les Sourds deviennent enseignants, voire créateurs d’écoles



Roch Auguste Bébian (1789-1839)



Pierre Desloges (1747-~1792)


Des enseignants Sourds

Jean Massieu (1772-1846), élève de l’abbé Sicard est le premier répétiteur sourd nommé par Louis XVI en 1790.

Laurent Clerc (1785-1869)
, répétiteur comme Massieu, part aux états-Unis en 1816. Il accompagne Thomas Hopkins Gallaudet (1787-1851) qui est venu chercher en Europe une méthode d’enseignement. En 1817, il fonde la première école de sourds américaine à Hartford, Connecticut. En 1864, c’est le National College for the Deaf à Washington qui deviendra l’université Gallaudet.

Ferdinand Berthier (1803-1886), professeur sourd, fonde, en 1834, un Comité de Sourds-Muets qui se transforme, en 1838, en Société Centrale d’Éducation et d’Assistance pour les Sourds-Muets de France.

Claudius Forestier (1810-1891) travaille, de 1826 à 1839, comme enseignant et surveillant sourd à l’institut de Paris et devient ensuite directeur de l’institution de Saint-étienne.

Des artistes Sourds

Pierre Pélissier (1814-1863)
, ami de Lamartine, est l’auteur, en 1844, des Poésies d’un sourd-muet, et publie, en 1856, une Iconographie des signes.

Frédéric Peyson (1807-1877), peintre, est l’auteur de tableaux religieux.

René Princeteau (1849-1914)
, peintre, est l’auteur de nombreux tableaux dont Le Comte Geoffroy de Ruillé chassant à courre avec son fils à ses côtés exposé au Musée Toulouse-Lautrec d’Albi. Il fut le maître de Toulouse-Lautrec qu’il accueille dans son atelier du Faubourg Saint-Honoré à Paris.



Fin du XIXe siècle : Le Congrès de Milan et le retour en force de l’oralisme 1880


Les partisans de l’oralisme sont de plus en plus nombreux dans les pays européens. En 1880 est organisé, à Milan, un congrès auquel participent toutes les instances oralistes européennes. Sur plus de 256 congressistes, dont 157 Italiens et 67 Français, 8 Allemands, 12 Anglais, 6 Américains, 1 Belge, 1 Canadien, 1 Norvégien, 1 Russe, 1 Suédois, seulement trois sourds signants sont présents. Ce congrès impose l’application de la méthode orale à l’exclusion de toute autre, et interdit l’usage des langues des signes.

1880-1978 Un siècle de silence et de souffrances

À la suite du Congrès de Milan, la langue des signes est interdite en France. Les enseignants sourds sont mis en cessation d’activité en 1887. Les répercussions pour les sourds français et européens sont dramatiques. Le résultat se fait sentir très vite dans les institutions où l’on travaille l’articulation jusqu’à la cruauté. L’enfant sourd qui traduit spontanément en signes les mots articulés qu’il regarde se voit lier les mains et ne peut que haïr une méthode dont le mode opératoire s’apparente à un véritable supplice…

La réaction des Sourds

Les sourds publient des réquisitoires contre les résolutions du congrès de Milan. Leurs associations organisent des congrès internationaux, dont celui de Paris en 1889, celui de Chicago, en 1893, et ceux de Paris en 1900 et 1912. Leurs vœux ne reçoivent aucune attention de la part des représentants des Ministères de l’Intérieur et de l’Instruction publique.

La mise en place de techniques oralistes

Depuis le Congrès de Milan, de nouvelles méthodes oralistes voient le jour. En 1955, c’est l’apparition de la méthode verbo-tonale qui utilise les restes auditifs et s’appuie sur la perception vibro-tactile. En 1966, c’est le Langage Parlé Complété (LPC), complément à la lecture labiale par configurations et emplacements manuels sur les différentes parties du visage. Aucun bilan précis n’a jamais été réalisé à propos des méthodes oralistes.

Le pouvoir de ceux qui nomment

Jusqu’au XXe siècle le sourd de naissance qui n’oralise pas est appelé “sourd” ou “sourd-muet”. Dès le début du XXe siècle, deux catégories de sourds apparaissent : les sourds-muets et les sourds parlants. Avec l’essor des techniques orthophoniques et prothétiques, apparaissent les termes “malentendant” et “déficient auditif”, révélateurs de l’approche physiologique et médicale. Ces changements de vocables montrent combien le processus échappe aux sourds eux-mêmes que la société nomme suivant le mode de leur prise en charge.

Refus de la surdité ou reconnaissance d’une langue ?

Interdits de langage par la société pendant plus d’un siècle, les sourds français redécouvrent la réalité de leur langue à la fin des années 70, au contact des américains. Ils décident alors de revendiquer leurs droits.
Au début des années 1980, l’association Deux Langues Pour une éducation introduit le bilinguisme dans l’éducation des enfants sourds en France. Les échanges, les rencontres, les séminaires se multiplient. De nombreuses associations culturelles sourdes surgissent.
La pratique de la LSF autorise les sourds à décider de leur vie, mais elle dit aussi leur différence. Et les entendants, dans leur grande majorité, ne voient dans les sourds que des handicapés de la parole qu’il faut “démutiser” à n’importe quel prix.
La loi du 11 février 2005 reconnaît la LSF et lui accorde sa place dans l’enseignement. L’enseignement bilingue “LSF/français écrit” devient de droit pour tout enfant sourd qui veut en bénéficier. Les moyens nécessaires à l’application de cette décision législative doivent être attribués.
Il faut apporter désormais la réponse adaptée à la question de société dont l’enjeu est la participation citoyenne des sourds : « Qu’est-ce que le handicap de la communication lorsqu’on a une langue ? »

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